Retours attendus

mercredi 5 octobre 2022

L’attrait propre aux extrêmes, quelque figure qu’ils prennent, est leur simplisme, leur radicale absence de nuance, qui peignent un monde en noir et blanc. Ce qui d’une part ne requiert qu’un effort intellectuel minime, voire nul, pour se le représenter. D’autre part permet d’y trouver facilement des causes au ressentiment que le plus grand nombre éprouve face à l’indifférence entêtée du monde. Enfin permet de se poser en victime de celles-ci, de les condamner et d’en exiger réparation immédiate, pleine et entière, ce qui est le moyen le plus facile de se décharger de ce ressentiment. On comprend mieux leur retour systématique sur le devant de la scène à chaque période troublée, c’est-à-dire ne se prêtant pas à une lecture rapide, aisée et schématique du monde et de ses fonctionnements supposés.

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Par Bloom

Les brèves dans Tribune

Un remède plus dangereux que le mal
(22 juillet 2026)

Le nihilisme n’est qu’un besoin de croire qui entend tout détruire par dépit de ne plus pouvoir croire à rien. Y pointe la rancœur qui veut annuler absolument ce qu’elle a adoré pour la seule (…)

Le cadavre dans le placard
(18 juillet 2026)

Nous étions persuadés d’avoir tué dieu tant que nous avons pu croire que notre science nous donnerait les moyens de maîtriser intégralement le monde. Mais celle-ci, en dépit de la quantité (…)

Double détente
(15 juillet 2026)

On ne piétine jamais avec autant de hargne et de violence que les idoles qui nous ont déçu. D’abord parce qu’elle n’ont pas répondu à notre attente. Ensuite parce qu’elles font douter de toute (…)

L’arroseur arrosé
(11 juillet 2026)

Lorsqu’on se bat pour des idées c’est que celles-ci ont déjà vaincu en nous toute singularité. — Par BLOOM