Retours attendus

mercredi 5 octobre 2022

L’attrait propre aux extrêmes, quelque figure qu’ils prennent, est leur simplisme, leur radicale absence de nuance, qui peignent un monde en noir et blanc. Ce qui d’une part ne requiert qu’un effort intellectuel minime, voire nul, pour se le représenter. D’autre part permet d’y trouver facilement des causes au ressentiment que le plus grand nombre éprouve face à l’indifférence entêtée du monde. Enfin permet de se poser en victime de celles-ci, de les condamner et d’en exiger réparation immédiate, pleine et entière, ce qui est le moyen le plus facile de se décharger de ce ressentiment. On comprend mieux leur retour systématique sur le devant de la scène à chaque période troublée, c’est-à-dire ne se prêtant pas à une lecture rapide, aisée et schématique du monde et de ses fonctionnements supposés.

— 
Par Bloom

Les brèves dans Tribune

Pas de confusion !
(4 avril 2026)

Ce qui distingue radicalement le doute du soupçon est que le premier questionne la vérité, quelque figure qu’elle adopte, alors que le second questionne au nom de celle-ci. Le premier est (…)

Une vanité mal placée
(1er avril 2026)

L’homme, globalement, pense peu, et ça a toujours été le cas. Parce qu’il est globalement peu singulier et que penser est fondamentalement singulier. Et puis pour le plus grand nombre il s’agit (…)

Figures imposées
(31 mars 2026)

On ne cède ni on ne renonce à l’exercice d’un pouvoir. Soit on le délègue parce qu’on a réussi à exercer un pouvoir plus étendu, qui l’englobe. Soit on le perd parce que quelqu’un l’a pris et nous (…)

Moutonnerie
(28 mars 2026)

La forme la plus basse de l’indignité est finalement de céder à la médiocrité au seul prétexte qu’elle est partagée par le plus grand nombre. Celle de l’instinct grégaire. — Par BLOOM