Subjectité

lundi 17 mai 2021

Nous avons tous une idée à peu près claire de ce que recouvre le terme de subjectivité, parce que tous nous nous sentons sujets réalistes, sujets au sein de la réalité, c’est-à-dire entités individuées dotées d’une réflexivité supposée permettre de faire des choix conscients et potentiellement dirigés par la raison – potentiellement seulement puisque notre supposé libre arbitre doit aussi nous donner la possibilité de faire des choix qui y contreviennent. La subjectivité est affaire de ressenti immédiat, elle est l’habitus le mieux partagé de l’espèce. Pour autant elle est produite par une assignation culturelle au statut fonctionnel de sujet réaliste, à la subjectité en tant que dispositif opératoire générique de constitution et de pérennisation de notre réalité commune, particulièrement dans sa forme moderne et technologique qui institue le monde comme pur objet en face du sujet et permet d’y projeter le fantasme d’une maîtrise intégrale de ses contenus par ce dernier.

— 
Par Bloom

Les brèves dans Tribune

Les fondements de la moralité
(29 juillet 2026)

Nous ne restons décidément si moraux, en dépit des désirs qui nous travaillent, que parce que nous trouvons en toute morale une justification facile à notre impuissance. — Par BLOOM

Mauvaise réputation
(25 juillet 2026)

En dépit des condamnations dont elle est régulièrement l’objet, la démagogie reste une arme politique redoutablement efficace. Parce que le plus grand nombre préfère croire ce qu’il veut entendre (…)

Un remède plus dangereux que le mal
(22 juillet 2026)

Le nihilisme n’est qu’un besoin de croire qui entend tout détruire par dépit de ne plus pouvoir croire à rien. Y pointe la rancœur qui veut annuler absolument ce qu’elle a adoré pour la seule (…)

Le cadavre dans le placard
(18 juillet 2026)

Nous étions persuadés d’avoir tué dieu tant que nous avons pu croire que notre science nous donnerait les moyens de maîtriser intégralement le monde. Mais celle-ci, en dépit de la quantité (…)