Subjectité

lundi 17 mai 2021

Nous avons tous une idée à peu près claire de ce que recouvre le terme de subjectivité, parce que tous nous nous sentons sujets réalistes, sujets au sein de la réalité, c’est-à-dire entités individuées dotées d’une réflexivité supposée permettre de faire des choix conscients et potentiellement dirigés par la raison – potentiellement seulement puisque notre supposé libre arbitre doit aussi nous donner la possibilité de faire des choix qui y contreviennent. La subjectivité est affaire de ressenti immédiat, elle est l’habitus le mieux partagé de l’espèce. Pour autant elle est produite par une assignation culturelle au statut fonctionnel de sujet réaliste, à la subjectité en tant que dispositif opératoire générique de constitution et de pérennisation de notre réalité commune, particulièrement dans sa forme moderne et technologique qui institue le monde comme pur objet en face du sujet et permet d’y projeter le fantasme d’une maîtrise intégrale de ses contenus par ce dernier.

— 
Par Bloom

Les brèves dans Tribune

Grégarité
(3 janvier 2026)

La meilleure façon d’en user avec le troupeau ? Ni berger, ni chien de berger et le moins possible mouton. — Par BLOOM

Peu engageante
(31 décembre 2025)

La raison ne nous séduit si peu que parce qu’elle offre peu de prises au ressentiment et à sa satisfaction rapide. — Par BLOOM

Trop tard
(27 décembre 2025)

L’obtention, la conservation et l’extension de ce que nous considérons être notre confort, matériel et intellectuel, est ce qui nous conduit le plus sûrement aux pires renoncements. Dont nous ne (…)

Le caillou dans la chaussure de la signifiance
(24 décembre 2025)

Le problème du langage, et donc de toute langue, n’est pas le signifiant – il en a pléthore, quitte à l’inventer lorsque nécessaire. Mais de lui faire correspondre de façon suffisamment efficace (…)